Exposition Margiela Au Palais Galliera

par Éole Paris •   15 Mars, 2018

Aujourd’hui, l‘équipe d’ÉOLE Paris vous emmène à l’exposition Margiela se déroulant au Palais Galliera du 3 Mars au 15 Juillet 2018.

De quoi s’agit il ? Tout simplement de la première rétrospective en France du créateur Martin Margiela. Dans cet article nous vous invitons à (re)découvrir avec nous une carrière fulgurante avec la présentation de ses créations de 1989 à 2009.

De qui s’agit il ? Martin Margiela est l’un des créateurs de mode les plus doués et les plus inspirés de son époque. Loin des projecteurs, Margiela est un créateur discret sur sa vie et détonnant dans son oeuvre. Couturier énigmatique, avec un style que certains ont qualifié de “DESTROY”, il peut parfois être difficile de pénétrer dans l’univers de l’artiste. Il n’en reste pas moins qu’il y a chez Margiela une profonde orientation artisanale, avec une volonté de vouloir récupérer des vêtements ou des produits déjà existant afin de les DÉTOURNER ou de les TRANSFORMER. Dans son œuvre Margiela aime travailler sur les différences d’échelle et notamment sur les agrandissements de modèles de vêtements avec ses créations en XXXXL.

Au départ considéré comme “DESTROY”, le regard des critiques sur le style de Margiela a peu a peu évolué. A tel point que les commentateurs l’ont par la suite qualifié de “MINIMALISTE” puis  de couturier “CONCEPTUEL”.

Au début de sa carrière, Margiela est l’auteur d’une pièce qui deviendra emblématique de sa maison. Il s’agit de sa bottine nommé la “TABI”. Avec cette création qui fait son apparition en 1988, l’auteur souhaite créer une chaussure “invisible” sur laquelle le pied nu semble littéralement posé sur la semelle. A l’origine, la “tabi” est japonaise, Margiela fait sa découverte en 1984 avec les JIKATABI. La particularité de cette chaussure portée au départ par les ouvriers est la séparation du  gros orteil.

Margiela débute son premier défilé en 1988 à Paris. Le lieu est underground, il s’agit du café de la Gare. Pendant la représentation les mannequins défilent avec le visage voilé. La volonté de Margiela,  est de pousser les spectateurs à se focaliser uniquement sur ses créations. Ce premier défilé “ALTERNATIF” donne le ton de ce qui fera la pâte de l’artiste, et révèle dès le départ d’un véritable talent du couturier.

Lors de sa deuxième collection, Margiela entame la création d’oeuvre artisanale retentissante dans le monde de la mode. A l’image d’un tapis de sol récupéré lors d’un précédent défilé que l’artiste a transformé en vêtement pour l’intégrer à sa nouvelle collection.

A son 3ème défilé, Martin Margiela propose à ses mannequins de se présenter sur un terrain vague du 20e arrondissement de Paris. Pour la première fois, l’artiste va faire découvrir au public sa collection de vêtements agrandi à 200 %. Le cadre du défilé, tout comme les habits choquent profondément l’assistance qui voient une sorte de brutalité et d’indécence dans la posture de l’artiste. Le célèbre photographe de mode du New York Times Bill Cunningham est l’un des seuls à comprendre que le travail de Margiela est capable “d’ouvrir de nouvelles voies”.

Comme il avait l’occasion de le faire dans ses précédents défilé Margiela utilise une partie du décor de ses précédents défilé pour créer ses nouvelles collection. Le défilé a lieu dans un entrepôt d’une société de transport de colis. La plupart des personnes qui défilent son chaussée de cuissardes de pêche directement peinte quelques minutes avant. La peinture s’écaille sur la scène lorsque les modèles défilent.

“Quand je découpe un vêtement neuf ou ancien je ne pense pas que je le détruis. C’est une façon de le faire renaître sous une autre forme”.

Avec Margiela nous rentrons dans une nouvelle ère dans laquelle les créateurs peuvent proposer des pièces neuves réaliser à partir d’objets ou de vêtements récupérés. Ainsi le couturier n’hésite pas à se rendre au puce de Paris pour faire des acquisitions qu’il va ensuite retravailler, en les déteignants ou en les reteignants en fonction de ses inspirations.

Lors de son défilé suivant, Margiela propose une présentation dans un parking à l’abandon. Il n’y a ni podium ni tapis, les spectateurs restent debout et les mannequins doivent fendre une foule compact pour se frayer un chemin. Les mannequins ne sont pas des professionnels, mais bien des femmes hétéroclites de tout âge et de profession diverses. De nouveau, ce défilé est un choc pour les spectateurs !

L’une des œuvre emblématiques de Margiela est son fameux “pull chaussettes”. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un pull réalisé à partir de 8 paires de chaussettes, que l’artiste a trouvé dans un surplus militaire.

“J’avais envie et besoin pour ma collection de pull près du corps. Sans fabricant il m’a fallu réfléchir”.

Le “pull chaussette” annonce une tendance très à la mode de nos jour avec le “do-it-yourself ».

Lors d’une nouvelle collection Margiela a l’opportunité de faire son défilé dans une station de métro fantômes qui a été fermé depuis les années 60 – la station de métro parisien “Saint-Martin”. Il s’agit d’un cadre idéal pour Margiela afin de faire défiler ses mannequins au physique hétéroclite. La plupart d’entre elles ne sont pas du tout mannequins mais ont des métiers tout autre dans le civile.

En 1992, Margiela fait l’acquisition d’un mannequin grande taille provenant du Maroc. Il s’agit d’une taille XXXXL, ce qui représente des tailles d’habits agrandies à 200%. Cela va être pour Margiela une bonne manière de prolonger son étude sur l’oversize. Le couturier tire aussi son inspiration des costumes de la Renaissance, à titre d’exemple il en acquiert lors de la fermeture de théâtre. Dans son atelier, Margiela va réparer puis transformer les costumes pour en faire de nouvelles pièces pour ses nouvelles collections.

“Celles qui aiment mes vêtements ont une certaine mentalité en commun, plutôt qu’un certain look ou un certain âge”

Pour le nouveau défilé Margiela invite les spectateurs dans une salle totalement noir dans laquelle les mannequins vont défiler avec au-dessus de leur tête un parasol muni de spot. Margiela souhaite faire un travail sur des formes simples avec des matières beaucoup plus haut de gamme. Ce défilé va profondément changer l’opinion de la presse sur le travail de l’artiste en le faisant évoluer de créateur “destroy” à “minimaliste”.

Donnant l’habitude aux spectateurs de proposer des défilés dans des endroits underground, excentrique ou surprenant, Margiela va sur la fin de sa carrière rentrer un peu plus dans le cadre avec un défilé dans un lieu beaucoup plus classique, le musée centrale des arts décoratifs. Dans cette collection Margiela propose un travail avec une orientation sur les oversizes.

En 2006, Margiela est invité  à participer à la collection haute culture, du fait de ses pièces uniques qui sont réalisés à la main dans des ateliers parisiens.

Dans nouvelle collection Margiela propose un désaxement de ses vêtements à 45° ou à 90° de telle manière que les robes seront transformées en jupe. Avec ce travail l’artiste questionne la philosophie même des évolutions des vêtements dans la mode.

Lors de sa dernière collection Margiela travaille sur la désorientation artistique, avec une approche moins radicale mais plus épuré et minimaliste. Il travaille sur des épaules pointues et sur l’ajustement des manches en renforçant le côté longiligne.

“20 ans, 40 défilés, des centaines de vêtements, que reste-t-il ?”

C’est sur message Margiela va clôturer sa carrière. Tout au long de son oeuvre, le couturier n’a cessé de questionner les tendances, les nouveautés et les fondements qui font la mode. Il en a exploré avec talent les aspects déconstructifs afin de créer quelque chose de neuf. On retrouve chez Margiela une forme de tendresse dans la beauté des imperfections. Son talent pour récupérer puis créer des vêtements en les transformant et en leur donnant une nouvelle vie marque un tournant dans les perspectives de la mode.

“L’un des créateurs les plus pointus et les plus talentueux de sa génération “ – Libération

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