Les YéYés || Un mouvement artistique riche

par Christophe Desjeunes •   19 Avril, 2018

HALLIDAY, Johnny, 1965 © ERLING MANDELMANN ©

Je vous avoue que quand j’ai eu l’idée de cet article, je ne savais pas vraiment ce que j’allais pouvoir y intégrer. Finalement, les yéyés sont une période riche pour la POP MUSIC. On trouve à boire et à manger. L’histoire démarre à la toute fin des années cinquante. Les États-Unis ont Elvis, Eddie Cochran ou Gene Vincent mais la jeunesse française ne comprend pas un traître-mot de ce qu’ils chantent. Les producteurs hexagonaux se mettent en quête de nouvelles têtes pour rajeunir la chanson française. Line Renaud propose naturellement son filleule qui deviendra Johnny Halliday. Les magnas du disque tenaient une belle gueule, il ne manquait que les CHANSONS. Les jeunes étant réceptifs à la production américaine, on décide d’adapter les standards en vogue de façon édulcorée avec une traduction tout droit sortie des bancs de l’école élémentaire. Par exemple « Like a Rolling Stone » de Bob Dylan devient « Comme des Pierres qui Roulent » dans la bouche d’Hugues Aufray.

S’il en est un qui a su jouer de la culture yéyé, c’est serge Gainsbourg. L’homme à la tête de choux venait de la « bande rivale » la Rive Gauche et ne cachait pas son mépris pour la culture yéyé. Quand France Gall vient le chercher pour faire un tube, il s’exécute et assume son envie de vendre des disques. S’il n’a pas interprété, seul, beaucoup de hits de la mouvance yéyé, or il est l’auteur-compositeur attitré de plusieurs vedette féminine à succès. Les thèmes SEXY et, parfois, OBSCURES qu’il aborde tout en métaphore en font un des faiseurs de chansons les plus prolifiques de la place de Paris. France Gall, Brigitte Bardot ou Jane Birkin ont notamment chanté ses vers.

En plein pendant les trente glorieuses, il souffle un VENT D’INSOUCIANCE et de légèreté chez les adolescents et les jeunes adultes du cru. Loin de nos tracas actuels, la jeunesse aspire à fêter cet âge d’or. Les textes simplistes et les mélodies imparables de Sheila, France Gall et consort tombent à point nommé. Les années soixante, ce sont des couleurs pops et FLASHIES ainsi que des formes arrondies que l’on retrouve dans la production automobile ou le mobilier. C’est l’avènement de l’ART-DÉCO, le mobilier d’art reproduit en grande série. Arrivent aussi, depuis l’autre côté de la manche, des séries devenues cultes en partie grâce à la garde-robe des héros, elles se nomment « Amicalement Vôtre » ou « Chapeau Melon et Botte de Cuir ».

On voit l’émergence de nouveaux visages dans la variété française comme Claude François ou Sylvie Vartan, qui répondent parfaitement aux codes d’alors. Il en est d’autres moins formatés, plus libres qui nous donnent une version parfois insolite de l’époque.

Jacqueline Taïeb est un cas intéressant. Contrairement à ses collègues, cet artiste évite de se prendre au sérieux, après tout, la chanson c’est surtout pour financer ses études. Elle chante d’un ton désabusé des chansons qui, sous leurs airs banals, cache de la satire ou une grande AUTODÉRISION. Ici, dans « 7h du matin », elle se propose de raconter le réveil et les lourds problèmes posés à une jeune femme à cette heure de la journée.

S’il y avait un pendant masculin à Jacqueline Taïeb, il se nommerait sûrement Jacques Dutronc. C’est Johnny Halliday qui lui donne un coup de pouce pour débuter. Ses yeux timides et impertinents et son air bien-sous-tout-rapport, il séduit beaucoup les médias mais, avant tout, les femmes. Ses chansons, comme « Les Cactus » ou « Et moi, et moi, et moi… », sont, derrière leur simplicité, des critiques à peine voilée de la société. La première nous fait nous demander si combattre le mal par le mal est vraiment la solution à tout. La seconde brocarde ceux qui sont conscients des malheurs des autres, mais se complaisent dans leur confort. Je pourrais vous en tartiner des pages sur le bonhomme…

Si on connait, à peu près, la date de naissance de cet état d’esprit, il est plus difficile de définir depuis quand on a un électroencéphalogramme plat. On peut même entrevoir des soubresauts par-ci par-là. Quand Matt Pokora reprend une chanson déjà reprise par Claude François, peut-on qualifier ça de yéyé. En tous les cas, en 1996, l’Idole nous a gratifié d’un caricatural « Rouler sur la Rivière », et ça c’est yéyé.

Le mouvement dénote carrément avec ce qu’il se fait Rive Gauche. Là-bas, c’est la chanson dite « INTELLO» notamment avec Jacques Brel, Boris Vian ou Barbara. D’un côté nous avons des textes forts sur des mélodies piano, piano. À l’inverse les chansons yéyés, ce sont des textes presque futiles sur des rythmes entraînants. Je vais essayer de vous guider vers le meilleur de l’époque. Si, si, je vous jure il y a du meilleur. Bien que légère, cette ère a fait éclore de très grands artistes, dont la succulente Jacqueline Taïeb, le nonchalant Jacques Dutronc, le haut en couleur Serge Gainsbourg. Bienvenu chez les yéyés…

Le mérite de la qualité de cet article en revient à son auteur Christophe Desjeunes.

Christophe tient un blog personnel sur lequel il poste régulièrement sur des sujets variés. Allez jeter un coup d’œil à son travail si vous en avez l’occasion : https://christophedesjeunes.wixsite.com/simatanteenavait.

Cet article de BLOG a été diffusé par ÉOLE Paris, un atelier de création, de production et de vente de prêt-à-porter, sacs et accessoires.

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