Le luthier Gibson sous perfusion

par Christophe Desjeunes •   22 Avril, 2018

Un coup de semonce de neuf sur l’échelle de Richter a retenti en ce début. C’est une claque qui arrive en pleine figure de chaque GUITARISTE qui sommeille en nous. Un chef-d’œuvre de cent quinze ans en péril, le luthier GIBSON pourrait bien mettre la clé sous la porte dans peu de temps.

Dans le monde de la guitare, il y a deux constructeurs, Fender et Gibson, qui ont la plus grosse part du gâteau, puis quelques autres qui se partagent les miettes. Derrière ce naufrage se cache deux décisions, l’une est économique l’autre plutôt philosophique. Avant la crise des subprimes, le conseil d’administration a voté un investissement massif dans des fonds de pension, puis les actionnaires se sont mis à quitter le navire en grand nombre il y a quelque mois. La stratégie commerciale est, elle aussi, à revoir selon moi. Malgré la démocratisation des prix des instruments, la firme américaine s’obstine à produire en TROP GRANDE SÉRIE ses guitares de LUXE.

Je ne vais pas commenter le premier point car beaucoup trop technique pour moi. En revanche sur le second point, il y avait sûrement mieux à faire. Ces guitares, que je qualifie de «LUXE», coûtent deux milles ou plus. Or, il faut deux à trois ans avant qu’elle donne le meilleur d’elle-même, en fonction de la température et de l’humidité de l’endroit où elle est entreposée. Une histoire de bois qui travaille. Aujourd’hui ce genre de bien inonde le marché de l’occasion. Elles ne sont pas beaucoup moins chères que les neuves, mais sont à leur FIRMAMENT. Quand on sait que le cassage de guitare n’est plus à la mode, avec l’histoire de l’offre et la demande, l’équilibre est perdu.

La patte de Gibson c’est les doubles-micros, un double au chevalet et l’autre à la base du manche. Avec cette technologie et un commutateur à trois positions, on obtient TROIS SONS très distincts. Un son plutôt rond, soft, sur les micros avant, un son plus métallique pour micros arrière et un compromis pas dégueu sur la position milieu, c’est simple et furieusement efficace.

Gibson ce sont des MODÈLES MYTHIQUES comme les « Les Paul » (la noire), SG (la rouge) et la fabuleuse double manche (12 et 6 cordes) développée avec Jimmy Page. Le leader de Led Zeppelin est un ambassadeur emblématique de la marque. Ils sont nombreux à ne pas avoir résisté au son sans concession de la lutherie du Michigan. Tout le monde doit avoir en tête Angus Young et sa SG cherry sautillant sur scène. En France, c’est Louis Bertignac qui a toujours une Gibson à portée de main. Avant l’avènement de la Fender Stratocaster, B.B. King ou Chuck Berry avaient fait leurs armes sur des Gibson ES-335. Gibson sponsorise de nombreux GUITAR HERO dans le monde du ROCK, leur nom : Carlos Santana, Sting, Gary Moore, Slash de Guns’n’Roses ou encore Paul McCartney.

Pour toutes ces raisons, quand j’ai appris une éventuelle LIQUIDATION JUDICIAIRE de ce monument, j’étais sous le choc. Je n’imagine pas la scène musicale sans cette marque complémentaire à Fender. Les guitares californiennes sont plutôt passent-partout tandis que chez Gibson c’est du brutal, je connais une polonaise qui en prenais au petit déjeuner. Même si j’ai choisi le clan adverse, c’est un crève-cœur de voir se désastre à cause de placement hasardeux et un choix de stratégie pas adapté à l’économie musicale du moment.

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